L’ASDHOM condamne la répression qui s’est abattue sur les militant-e-s le dimanche 26 mai à Rabat

Dimanche noir pour la liberté de manifester au Maroc

Le mouvement 20-Février et ses soutiens avaient appelé à des rassemblements pacifiques le dimanche 26 mai 2013.

Si les rassemblements d’Imzouren et de Tanger dans le Nord du Maroc ont été purement et simplement interdits et se sont dispersés sans heurts, ceux de Casablanca et de Rabat ont été violemment dispersés.

Le rassemblement de Rabat a, lui, été prévu à la place Bab El-Had. Lorsque les manifestant-e-s ont commencé à afflué vers 18h, la place était déjà cernée par des cordons des forces de l’ordre. Alors qu’aucune interdiction du rassemblement n’a été notifiée, ces derniers ont chargé sans sommation les militant-e-s en usant de toutes formes de violence : Tabassage, humiliation, menaces, insultes, etc.

Plusieurs militant-e-s du mouvement 20-Février ainsi que des syndicalistes et des défenseurs des droits humains, venus les soutenir, ont été malmenés et blessés, piétinant ainsi la Convention internationale pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme que l’ONU a adoptée le 9 décembre 1998.

Leur seul tort : manifester pacifiquement pour demander la libération des prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles marocaines.

Les images qui nous sont parvenues montrent la violence inouïe et disproportionnée de l’intervention des forces de l’ordre.

Ceci confirme, si besoin est, la tendance au Maroc ces derniers mois vers :

- Un durcissement de la répression

- Une recrudescence des arrestations

- Des procès en cascades et des peines d’emprisonnement à l’encontre de manifestants, de syndicalistes et de défenseurs des droits humains pour « rassemblement non autorisé ou armé, destruction de biens publics, insultes et outrage à fonctionnaire d’Etat dans l’exercice de ses fonction, etc. »

Cette situation ne peut par conséquent qu’augmenter le nombre de prisonniers politiques, syndicaux et d’opinion au Maroc.

Tout en soutenant les manifestant-e-s, victimes des interventions violentes des forces de l’ordre marocaines, l’ASDHOM alerte l’opinion publique internationale sur l’escalade répressive des autorités marocaines et dénonce les graves violations des droits humains constatées dernièrement.

L’ASDHOM interpelle les responsables marocains sur leur devoir de se conformer à leurs engagements internationaux et au texte même de la Constitution marocaine en termes de respect des droits de l’Homme. Les pratiques des forces de l’ordre marocaines sont à l’opposé des libertés fondamentales dont la liberté de manifester, la liberté d’expression et d’opinion, qui sont censées être garanties. Elle réclame une enquête impartiale sur les violences policières du dimanche 26 mai pour que les responsables de cette répression répondent de leurs actes devant la justice et pour que cesse l’impunité.

Bureau exécutif de l’ASDHOM

Paris, le 30 mai 2013


asdhom