Zakaria Moumni condamné à 20 mois d’emprisonnement par la justice marocaine : une décision inique

Le comité « Libérez Zakaria Moumni » a appris avec stupéfaction la condamnation de Zakaria Moumni à 20 mois d’emprisonnement. Verdict rendu le 22 décembre par le tribunal de Rabat suite au procès en cassation du 15 décembre dernier.
Le comité a rappelé dans un précédent communiqué le parcours de ce jeune champion de boxe qui l’a conduit à s’attirer les foudres de la justice marocaine. Une justice aux ordres qui détruit puisqu’elle ne répare. Zakaria a vu sa peine passer de deux ans et six mois à 20 mois dans un procès où tous les observateurs et défenseurs des droits de l’Homme y ayant assisté ont constaté l’absurdité, les contradictions et les incohérentes flagrantes dans les propos soutenus par les deux plaignants qui se sont présentés, pour la première fois, devant le juge (voir le communiqué de la FIDH ci-dessous). La cour a choisi le parti de l’injustice, même si elle a réduit la peine de 10 mois. Zakaria doit être libéré et réhabilité car il n’a fait que revendiquer un poste de conseiller sportif auquel il avait droit comme le garantit le décret de 1967.
Ce jugement inique est la preuve, entre autres, que le discours sur les droits de l’Homme que distillent les officiels marocains à la face du monde n’est qu’un leurre.
Le comité « Libérez Zakaria Moumni » condamne à nouveau cette privation de liberté et continue sa mobilisation et son soutien à Mme Taline Moumni, l’épouse de Zakaria, et sa famille au Maroc jusqu’à sa libération.
Pour le comité
Ayad Ahram

La FIDH déplore vivement la condamnation de Zakaria Moumni à 20 mois d’emprisonnement, prononcée ce jour par le Tribunal correctionnel de Salé-Raba.
« La FIDH considère que cette condamnation ne constitue qu’un prétexte afin de sanctionner Monsieur Zakaria MOUMNI pour avoir dénoncé une discrimination dont il estime avoir été l’objet » a déclaré Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH.
« Par ailleurs, il s’agit d’un signal négatif en contradiction avec le discours officiel de respect des droits et libertés des citoyens marocains » a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.
Ce sportif marocain, qui a obtenu pour le Maroc un titre mondial de championnat de boxe, avait été interpellé le 27 septembre 2010 lors de son arrivée à l’aéroport de Rabat en provenance de Paris. Il a été conduit alors au Centre d’interrogatoire de Tamara où, victime de torture et de mauvais traitements, il est demeuré pendant quatre jours.
Au terme d’un premier procès particulièrement expéditif, en octobre 2010, il avait été condamné à une peine de trois années d’emprisonnement pour escroquerie, réduite à deux années et demie en appel. La Cour de cassation a ensuite cassé la décision au regard des anomalies du dossier et des déclarations de Monsieur Zakaria Moumni. Lors de l’audience après renvoi de cassation, le 27 octobre dernier, l’affaire avait été ajournée au 15 décembre.
Pendant ce temps Monsieur Zakaria MOUMNI a continué de subir, pendant plus de 14 mois, une détention effectuée dans des conditions particulièrement pénibles. Pourtant le délit d’escroquerie invoqué ne repose sur aucun élément probant et sérieux, comme l’a laissé entendre la Cour de cassation.
Au cours de l’audience du 15 décembre dernier, qui avait vu apparaître, pour la première fois depuis le déclenchement des poursuites contre Zakaria MOUMNI, les plaignants qui ont comparu à la barre en tant que simples témoins, les défenseurs des droits de l’Homme présents au procès, dont l’observateur mandaté par la FIDH, et l’avocat de la défense ont noté et observé de multiples incohérences et contradictions dans les déclarations des deux plaignants qui se sont présentés à ce nouveau procès sans leur avocat.
Au vu des informations fiables en notre possession, il est évident que le maintien en détention de Zakaria MOUMNI qui résulte de la condamnation prononcée ce jour présente un caractère arbitraire et que sa libération immédiate et inconditionnelle continue de s’imposer.


asdhom