L’ASDHOM dénonce l’intervention violente des forces de l’ordre à l’occasion du sit-in pacifique à Rabat le samedi 18 avril 2015

À l’appel du Réseau démocratique marocain de solidarité avec les peuples, plusieurs citoyens et démocrates marocains ont répondu présents au sit-in,  organisé le samedi 18 avril devant le Parlement marocain, pour exprimer leur soutien au peuple yéménite et dire non à l’intervention militaire des forces étrangères contre le Yémen et son peuple. Intervention militaire à laquelle prend part le Maroc.

Les autorités marocaines ne l’ont pas entendu de cette oreille. Elles ont décidé de passer outre leurs engagements en matière de respect du droit élémentaire de manifester pacifiquement et de faire place nette autour du Parlement en envoyant les forces de l’ordre pour briser le sit-in et pourchasser les manifestant-e-s.

L’intervention violente contre cette manifestation pacifique constitue une atteinte manifeste à une liberté universelle consacrée dans la constitution marocaine.

Selon les témoins sur place, des personnalités, des responsables associatifs dont des défenseurs des droits de l’Homme, des syndicalistes, des journalistes et d’autres manifestants  pacifiques ont été matraqués, insultés et agressés au point où nombre d’eux ont été admis à l’hôpital pour des soins. Les associations locales de défense des droits humains ont pu identifier une trentaine de victimes dont deux ont été arrêtées, placées dans les voitures des forces de l’ordre, insultées et molestées avant d’être libérées. Voir la liste ci-dessous*.

L’ASDHOM rappelle aux autorités marocaines que ce sit-in n’était qu’un rassemblement pacifique, dans un lieu public, destiné à exprimer une opinion. Les manifestants pacifistes avaient juste un souhait de montrer leur solidarité avec le peuple yéménite et une volonté d’exprimer une opinion, une position politique et dire tout haut un message pour la paix et contre la guerre menée au Yémen en leur nom. Ils refusent cette guerre qui tue un peuple,  au nom des autres peuples. Ils veulent dire tout simplement et tout pacifiquement : NON, non à cette guerre ; OUI, oui à l’autodétermination du peuple yéménite.

L’ASDHOM rappelle également que le droit de manifester pour dire et exprimer pacifiquement une opinion ou une position est un droit légitime. Ce droit est garanti par la Constitution marocaine, les conventions internationales et en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques que le Maroc a signé et ratifié (Ratification publiée au Bulletin Officiel  n° 3529, en date du 21 mai 1980).

L’État marocain, qui, il y a à peine quelques mois, organisait le Forum Mondial des droits de l’Homme à Marrakech, doit consulter sa propre constitution pour mettre en harmonie ses pratiques et ses engagements pris devant la communauté internationale en matière des droits de l’Homme et de ne pas s’en absoudre.

L’ASDHOM dénonce avec force cette intervention violente, contraire à la loi et à la constitution marocaine. Elle exige une enquête sur les abus et les violences commis par les forces de l’ordre à l’encontre de citoyens et de défenseurs de droits venus manifester pacifiquement. L’ASDHOM rappelle aux responsables marocains que le droit de manifester est un de ces acquis qui sont inscrits dans la constitution actuelle suite à de hautes luttes, des années de sacrifices durant, de toute une génération de Marocain(e)s pour la dignité et l’État de droit au Maroc.

Bureau exécutif de l’ASDHOM

Paris, 21 avril 2015

*Liste des victimes de l’intervention brutale :Amine ABDELHAMID, Rachid BAKOURI, Abdesslam BELAFHIL, Ayoub BENKARROUM, Rabea BOUZIDI, Amine CHBARI, Tahar DOURAIDI, Ahmed EL HAIJ, Aziz EL RHALI, Mohammed EL GHAFRI, Mouad EL JOHRI, Zakaria EL ASRI, Mohammed ENNOUHI, Fatima-ezzahara HADDAOUI, Abdellatif HMAMOUCH, El houcine BOUSHABI, Abdellatif IMAD, Amine KBABI, Abdellatif KENJAA, Rajaa KESSAB, Mohammed LAMRABTI, Latifa MAAROUFI, Souha MADMAD,  Taib MADMAD, Abdelali NAIM, Adil YOUSFI et Abdellatif ZEROUAL. Deux autres militants, Abdellah LEFTANZA et Abdelhakim SIKOUK, ont été tabassés et humiliés à l’intérieur des voitures de la police avant d’être libérés.


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